Accomplir la volonté de l’Immaculée


L’ACTION DE L’IMMACULÉE en nous n’atteint sa plénitude et sa perfection que lorsqu’elle règne sur nous comme notre reine.

« Marie a reçu de Dieu une grande domination dans les âmes des élus : car elle ne peut pas faire en eux sa résidence, comme Dieu le Père lui a ordonné ; les former, les nourrir et les enfanter à la vie éternelle… Elle ne peut pas, dis-je, faire toutes ces choses, qu’elle n’ait droit et domination dans leurs âmes par une grâce singulière du Très-Haut… Marie est la Reine du ciel et de la terre par grâce, comme Jésus en est le Roi par nature et par conquête. »

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion, n° 37 ; Le livre d’or, op. cit., p. 37–38.


Le Père Kolbe insiste sur le fait que la royauté de Marie n’est pas en « concurrence » avec la royauté du Christ. Dieu est notre plus grand législateur, et notre salut dépend de l’accomplissement de sa volonté. L’Immaculée est Mère de Dieu, mais par rapport à la perfection de Dieu, elle est un néant infini, elle n’est que l’œuvre de sa volonté. (« Informator Rycerstwa Niepokalanej » (1938), p. 34 ; BMK, p. 586.)

Ce qui est vrai. Mais elle est aussi l’œuvre la plus parfaite et la plus sainte, comme nous le dit saint Bonaventure : « Dieu pouvait créer un monde plus grand et plus parfait, mais il ne pouvait élever une créature à une dignité plus haute que Marie. » L’Immaculée est la limite la plus élevée entre l’homme et Dieu. Elle est une reproduction fidèle de la perfection et de la sainteté de Dieu.

Notre degré de perfection dépend de l’union de notre volonté avec celle de Dieu. Or la sainte Mère de Dieu ayant surpassé en perfection tous les anges et les saints, sa volonté est la plus étroitement unie et conforme à la volonté de Dieu. Elle n’agit et ne vit qu’en Dieu et pour Dieu. Donc, en accomplissant la volonté de l’Immaculée, nous accomplissons toujours la volonté de Dieu. Quand nous disons que nous ne voulons accomplir que la volonté de l’Immaculée, non seulement nous ne diminuons pas la gloire de Dieu par une telle déclaration, mais nous l’augmentons même, car de cette manière nous reconnaissons et nous adorons la toute puissance de Dieu qui créa un être si sublime et si parfait. Il en va de même lorsque nous nous passionnons pour une belle sculpture : ce faisant nous honorons et admirons le génie de l’artiste.

Nous pouvons donc dire sans crainte que notre plus grand et seul désir consiste à accomplir aussi fidèlement que possible la volonté de l’Immaculée, à lui appartenir toujours plus de jour en jour, à permettre que l’Immaculée règne sur tout notre être. Alors nous serons ses fidèles chevaliers. (Ibid., p. 587)

Ainsi l’Immaculée transforme même les plus hautes facultés de l’âme, à savoir l’intelligence et la volonté. L’intelligence veut connaître toutes choses comme Marie les connaît, elle veut tout comprendre et juger à la lumière de l’Immaculée. A l’inverse, elle ne veut rien voir ni connaître qui lui soit contraire.

Et la volonté, qui prend les décisions dans la vie, qui rend l’homme semblable à Dieu par sa faculté de dire oui librement à un but qui lui est proposé et de choisir librement les moyens, cette volonté se soumet volontairement à la volonté de l’Immaculée par un contact étroit avec elle et une obéissance parfaite (cf IVe partie Chapitres 1 et 2).

Nous imitons des hommes bons, vertueux, saints, mais aucun d’entre eux n’est exempt d’imperfections. Elle seule, immaculée dès le premier instant de sa conception, n’a pas connu de chute, pas même la plus petite. C’est pourquoi l’imiter, s’approcher d’elle, lui appartenir, se transformer en elle, c’est le sommet de la perfection. Tous ceux qui ont voulu aimer l’Immaculée ont voulu lui appartenir, et ils ont exprimé cela de différentes manières. Être serviteurs, enfants, esclaves de Marie — ils sanctifièrent leur vie par ces idéaux. Tous cependant voulaient lui appartenir parfaitement, et sans aucun doute ils auraient utilisé tous les autres titres que l’on aurait encore pu imaginer ou que dans le futur un cœur aimant pourrait encore imaginer. En un mot — lui appartenir entièrement — voilà le soleil de la vie pour beaucoup, beaucoup d’âmes. Quand le feu s’allume, il ne peut être contenu dans les limites du cœur, mais se répand à l’extérieur, allume, consume, dévore d’autres cœurs. Il gagne toujours plus d’âmes à son idéal, à l’Immaculée. (Sur la Milice de l’Immaculée, Manuscrit 1939 ; BMK, p. 601–602.)

Puisse la règle de vie du Père Maximilien devenir celle de tout chevalier de l’Immaculée :

Considère que tu es, sans réserve, sans condition, sans limite et irrévocablement le bien et la propriété de l’Immaculée. Qui que tu sois, quoi que tu possèdes ou que tu puisses faire, toutes tes actiones (pensées, paroles, actions) et passiones (tout ce qui arrive d’agréable, de désagréable, ou d’indifférent) sont entièrement sa propriété. Qu’elle fasse de tout cela tout ce qui lui plaît (à elle et non pas à toi). De même, toutes tes intentions lui appartiennent : qu’elle change, ajoute, retranche selon son bon plaisir puisqu’elle ne peut jamais agir contre la justice. Tu es un instrument dans sa main, ne fais donc que ce qu’elle veut, accepte tout de sa main. Cherche refuge auprès d’elle en toute chose, comme un enfant auprès de sa mère. Confie-lui tout. Donne-toi du mal pour elle, pour son honneur, pour ses intérêts et laisse-lui le souci de toi-même et des tiens. Ne t’attribue aucun mérite, mais reconnais que tu as tout reçu d’elle. Tout le fruit de ton travail dépend de ton union avec elle, tout comme elle-même est l’instrument de la miséricorde divine. Ma vie (chaque instant), ma mort (où, quand, comment) et mon éternité, tout est à vous, ô Immaculée. Faites de moi ce que vous voulez. Je peux tout en celui qui me fortifie par l’Immaculée.

Règle de vie écrite lors de la retraite spirituelle de février 1920 ; BMK, p. 369–370.

extrait du livre « L’Immaculée mon idéal » par l’abbé Karl Stehlin

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