Consécration à l’Immaculée


POUR L’HOMME, le passage à une nouvelle étape importante de sa vie ne se fait pas automatiquement, mais par une décision mûrement réfléchie ; par exemple lorsque quelqu’un choisit un métier, ou qu’un patron conclut un contrat de travail avec son employeur, ou encore, lorsqu’on choisit son état de vie et qu’on scelle cette décision par le mariage, l’ordination sacerdotale ou la profession religieuse.

Or chacun sait que l’état conjugal et la fondation d’une famille ne consistent pas seulement en une cérémonie, mais le mariage est un acte solennel qui ratifie l’intention de garder la vie conjugale et de fonder une famille, et la volonté ferme de tenir cette promesse jusqu’à la mort. Toute sa vie durant, il faut renouveler chaque jour cet acte solennel et le mettre continuellement en pratique. Si cela n’était pas le cas, la promesse passerait d’abord peu à peu au second plan, jusqu’à être complètement perdue de vue, voire rompue et brisée.

Il en va de même pour le Chevalier de l’Immaculée : on entre dans la Milice de l’Immaculée par la consécration, c’est-à-dire le don total de soi-même à Marie, en réponse solennelle à l’appel de l’Immaculée à combattre sous son étendard. On a reconnu la grandeur et l’importance de la Sainte Vierge comme ancre de salut dans ces temps difficiles et on veut répondre à son invitation.

Le Père Maximilien explique le texte de la Consécration

Le Père Kolbe a écrit lui-même un commentaire de son acte de consécration à l’Immaculée. En le méditant souvent, le Chevalier de l’Immaculée comprendra et vivra toujours mieux sa donation à Marie.

« Ô Immaculée »

Nous nous adressons à elle de cette façon, car elle-même s’est nommée ainsi à Lourdes : Je suis l’Immaculée Conception. Dieu est « immaculé » de toute éternité, mais il n’est pas « conception ». Les anges sont « immaculés », mais
eux non plus n’ont pas été « conçus ». Notre-Seigneur est « immaculé », il est « conçu », mais n’est pas « conception », car, étant Dieu, il existait déjà avant, c’est pourquoi le nom de Dieu, tel qu’il fut révélé à Moïse, « Je suis celui qui suis », lui convient depuis toujours. Or celui qui est de toute éternité ne peut avoir de commencement. Les autres hommes sont « conçus », mais souillés par le péché ; Marie, en revanche, n’est pas seulement « conçue », mais « conception », et de plus « immaculée ».

Ce nom [d’Immaculée Conception] contient beaucoup de mystères qui seront révélés avec le temps ; il signifie, en effet, qu’être « immaculée conception » fait en quelque sorte partie de l’essence de l’Immaculée. Que ce nom doit être doux à son souvenir, car il désigne la première grâce qu’elle reçut au premier instant de son existence — et le premier don est celui qu’on aime le plus. Ce nom se justifia toute sa vie, car toujours elle resta immaculée. C’est aussi pour cette raison qu’elle fut pleine de grâce, et que le Seigneur fut avec elle, tellement avec elle, qu’elle devint même la mère du Fils.

« Reine du Ciel et de la Terre »

Dans une famille, les parents qui aiment leurs enfants exaucent leurs désirs quand ils le peuvent, mais uniquement dans la mesure où cela n’est pas mauvais pour eux. A plus forte raison Dieu, Créateur et « prototype » des parents terrestres veut-il accomplir la volonté de ses créatures, dans la mesure où ce qu’elles désirent ne leur est pas nuisible, et coïncide avec sa propre volonté. L’Immaculée ne s’est jamais éloignée en rien de la volonté de Dieu. En tout, elle aima la volonté de Dieu, Dieu lui-même. C’est pourquoi il est juste de l’appeler la Toute-puissance suppliante, car elle a une influence sur Dieu lui-même, sur le monde entier : elle est reine du Ciel et de la terre. Au ciel, tous reconnaissent le règne de son amour. Par contre ceux qui parmi les anges ne voulurent pas reconnaître sa royauté, perdirent leur place au Ciel. Étant Mère de Dieu, elle est aussi reine du monde, mais elle veut être reconnue comme telle volontairement par
chaque coeur en particulier — c’est son droit -, être aimée comme reine, afin que, par elle, ce coeur se purifie de plus en plus, devienne de plus en plus « immaculé », toujours plus semblable à son Coeur à elle, et ainsi toujours plus digne d’être uni à Dieu, à l’amour divin, au Très Saint Coeur
de Jésus.

« Refuge des pécheurs »

Dieu est miséricordieux, infiniment miséricordieux, mais il est aussi juste, infiniment juste, si juste qu’il ne peut supporter le moindre péché et doit en exiger une entière réparation. Celle qui distribue les mérites infinis du Précieux Sang, qui lave ces péchés, c’est l’Immaculée, la miséricorde divine personnifiée. C’est pourquoi nous l’appelons à juste titre refuge des pécheurs, de tous les pécheurs, quand bien même leurs péchés seraient gravissimes et sans nombre, et qu’il semblerait qu’il y a plus de miséricorde pour eux. C’est une nouvelle confirmation de son titre « d’Immaculée Conception » et plus l’âme était engluée dans le péché, plus la puissance d’action de sa pureté éclate au grand jour, en ce qu’elle rend une telle âme
pure et blanche comme la neige.

« Notre mère très aimante »

L’Immaculée est la mère de toute notre vie surnaturelle, car elle est la médiatrice de toutes les grâces, la mère de la divine grâce, donc notre mère dans l’ordre surnaturel. Elle est la mère la plus aimante, car il n’existe pas de mère qui aime autant, qui se dévoue autant que la Mère de Dieu, l’Immaculée, la toute divinisée.

« Vous à qui Dieu a voulu confier tout l’ordre de sa miséricorde »

Dans la famille, le père se réjouit quand la mère, par son intercession, retient le bras qui s’apprête à punir l’enfant, car de cette façon, la justice est aussi bien satisfaite que la miséricorde manifestée. En effet, l’exécution du châtiment n’a pas été annulée sans raison. De la même manière, Dieu nous donne une mère spirituelle dont il ne refuse jamais l’intercession, afin de n’être pas obligé de nous châtier. C’est pourquoi les saints disent que Jésus s’est réservé l’ordre de la justice, et a confié à l’Immaculée l’ordre de la miséricorde.

« Moi, N.N., indigne pécheur »

Nous reconnaissons ici que nous ne sommes pas immaculés comme elle, mais que nous sommes pécheurs. D’autant plus que personne parmi nous ne pourrait dire qu’il a jusqu’à ce jour vécu sans péché, coupable qu’il est de nombreuses infidélités. Nous disons aussi « indigne », car en vérité, il existe une différence pour ainsi dire infinie entre sa nature immaculée et la nôtre souillée par le péché. C’est pourquoi nous nous reconnaissons, en toute vérité, indignes de nous adresser à elle, de la prier, de nous jeter à ses pieds. Et pour ne pas ressembler à l’orgueilleux Lucifer, nous disons :

« Je me prosterne à vos pieds, en vous suppliant avec instance. Daignez me prendre tout entier et totalement comme votre bien et votre propriété. »

Par ces mots nous prions et supplions l’Immaculée de nous accepter. Nous nous consacrons à elle entièrement et totalement, comme ses enfants et comme esclaves de son amour, comme ses serviteurs et ses instruments, à tous points de vue, et sous tous les titres que l’on pourra jamais imaginer
ou exprimer. Et ceci comme son bien et sa propriété, dont elle dispose librement pour se servir de nous jusqu’à notre complet anéantissement.

« Et faites ce que vous préférerez de moi, de toutes les facultés de mon âme et de mon corps, de toute ma vie, de ma mort, et de mon éternité. »

Ici nous lui consacrons tout notre être, toutes les puissances de notre âme, c’est-à-dire notre raison, notre volonté, notre mémoire, toutes les puissances du corps, à savoir tous nos sens et toutes nos forces, la santé, la maladie, nous lui donnons toute notre vie, avec tous ses événements, agréables, désagréables ou indifférents. Nous lui donnons notre mort, quelles qu’en soient les circonstances — où, quand, comment — et même toute notre éternité — c’est même alors que nous espérons lui appartenir incomparablement plus parfaitement. Ainsi donc nous désirons et la supplions de permettre que nous lui appartenions toujours plus parfaitement et totalement.

« Disposez totalement de tout moi-même, comme il vous plaît, pour que s’accomplisse dans cette œuvre ce qui est dit de vous : “ Elle écrasera la tête du serpent ” et aussi : “ Vous seule avez détruit toutes les hérésies dans le monde entier ”. »

Sur les statues et les images, l’Immaculée est toujours représentée avec le serpent s’enroulant à ses pieds autour du globe terrestre et dont elle écrase la tête de son pied. Satan lui-même, souillé par le péché, essaie de salir (avec
son péché) toutes les âmes de la terre. Il la hait, elle qui fut toujours immaculée, il la mord au talon, c’est-à-dire qu’il s’attaque à ses enfants, et dans le combat elle lui écrase la tête dans chaque âme qui se réfugie auprès d’elle. Nous la prions, si tel est son bon plaisir, de daigner se servir de nous comme instruments pour écraser la tête de l’orgueilleux serpent dans
les malheureuses âmes. La Sainte Écriture ajoute au verset cité ci-dessus : « et tu la mordras au talon » (Gen. 3,15) : effectivement l’ennemi s’attaque particulièrement à ceux qui se consacrent à l’Immaculée, pour l’outrager, elle, au moins en leur personne. Mais dans les âmes qui lui sont toutes données, ses efforts se soldent toujours par un échec encore plus
humiliant — provoquant en lui une rage encore plus violente et tout aussi impuissante.

« Vous seule avez détruit toutes les hérésies dans le monde entier ».

Ces mots sont tirés des prières que l’Église met sur les lèvres du prêtre à propos de l’Immaculée. L’Église dit « les hérésies » et non pas « les hérétiques », car ces derniers, elle les aime, et précisément en raison de cet amour elle cherche à les libérer de l’erreur et de l’hérésie. Elle dit « toutes » les hérésies, sans aucune exception. Vous « seule », car elle seule suffit. En effet, Dieu lui appartient avec tous ses trésors de grâces de conversion et de sanctification. « Sur toute la terre » : pas un seul coin de la terre n’est exclu. A cet endroit de l’acte de consécration, nous la prions de se servir de nous
pour la destruction de tout le corps du serpent qui enlace le monde dans ses filets, que constituent les hérésies.

« Qu’en vos mains immaculées et très miséricordieuses je sois un instrument qui vous serve à augmenter le plus possible votre gloire en tant d’âmes égarées et tièdes. »

Sur terre, nous voyons tant de malheureuses âmes égarées, qui ne connaissent même pas le sens de leur vie, qui préfèrent des vanités à Dieu, le seul vrai bien. Tant de personnes n’éprouvent qu’indifférence à l’égard de l’amour suprême. Nous, nous aspirons à introduire et à augmenter la gloire de l’Immaculée dans ces âmes, et nous la supplions de bien vouloir faire de nous des instruments utiles dans ses mains immaculées et très miséricordieuses. Puisse-t-elle donc ne jamais permettre que nous nous opposions à elle, puisse-t-elle nous contraindre si un jour il arrivait que nous lui désobéissions.

« Ainsi le règne si doux du très saint Cœur de Jésus s’étendra de plus en plus. »

Le très saint Cœur de Jésus est l’amour de Dieu pour les hommes. Sa royauté est le règne de cet amour dans le cœur des hommes. Le Sauveur nous a montré cet amour dans la crèche, durant toute sa vie, sur la croix, dans l’Eucharistie et en nous donnant pour mère sa propre mère. Cet amour, il désire l’allumer dans le cœur des hommes. Introduire et augmenter la gloire de l’Immaculée dans les âmes, lui gagner des âmes, c’est conquérir des âmes pour la mère de Jésus qui y établit le règne de son divin Fils.

« Car là où vous entrez, vous obtenez la grâce de la conversion et de la sanctification, puisque c’est par vos mains que du Cœur très Sacré de Jésus toutes les grâces parviennent jusqu’à nous. »

L’Immaculée est la toute-puissance suppliante. Toute conversion ou sanctification est l’œuvre de la grâce ; or elle est la médiatrice de toutes les grâces. Ainsi elle seule suffit pour supplier et obtenir n’importe quelle grâce. Lors de l’apparition de la médaille miraculeuse, sainte Catherine Labouré vit des rayons partir des bagues précieuses qui ornaient les doigts de l’Immaculée. Ils symbolisent les grâces que l’Immaculée accorde à ceux qui les lui demandent. Ratisbonne parle aussi des rayons de la grâce dans sa vision.

« Accordez-moi de vous louer, ô Vierge très sainte. Donnez-moi la force contre vos ennemis. »

Qui est son ennemi ? Tout ce qui est souillé, tout ce qui ne mène pas à Dieu, tout ce qui n’est pas amour, tout ce qui vient du serpent infernal, tous les mensonges, tous nos vices, toute notre culpabilité. Prions-la de nous rendre forts contre cet ennemi. C’est la raison d’être de toutes les dévotions, de la
prière, des sacrements, qui nous donnent la force de surmonter tous les obstacles sur le chemin vers Dieu, en aimant Dieu et en lui ressemblant de plus en plus, jusqu’à l’union intime avec lui. De même que nous sommes sortis de Dieu lorsqu’il nous créa, ainsi nous retournons à Dieu. Où que se tourne notre regard, la nature tout entière nous le montre, nous rencontrons après l’action une réaction qui lui est égale et opposée,
qui est comme un écho de l’action de Dieu.

Lors de ce retour à Dieu (réaction), la volonté libre rencontre des difficultés et contrariétés, permises par Dieu pour augmenter encore notre désir de Dieu. Or, pour en avoir la force, l’homme doit prier, il doit demander cette force à Celui qui est la source de toute force, qui regarde avec amour tous les efforts de sa créature et souhaite qu’elle désire vraiment et sincèrement venir à lui. Et si cette créature, son enfant bien-aimé, trébuche, tombe, se fait mal, se blesse, ce Père miséricordieux ne peut supporter de voir un tel malheur.

Il lui envoie son Fils incarné qui par sa vie et son enseignement lui montre le chemin facile et sûr. Il lave ses souillures et guérit ses plaies dans son Précieux Sang.

Mais afin que l’âme ne perde pas espoir par crainte de la divine justice offensée, Dieu envoie la personnification de son amour, l’épouse du Saint-Esprit, l’Immaculée, toute belle, toute pure, sa fille tout humaine, soeur des enfants des hommes. C’est à elle qu’il confie sa miséricorde envers les âmes. Il la charge d’être la médiatrice des grâces méritées par son Fils, Mère des grâces, Mère des âmes revenues à la vie par
la grâce. (Commentaire de l’acte de consécration ; BMK, p. 605–610.)

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