La vocation du sanctuaire de Notre Dame du Laus


Au Laus, elle répand toutes ses grâces à la fois, dans un but unique, hautement proclamé par Marie, à savoir : LA CONVERSION DES PÉCHEURS. Mais elle n’apporte pas des sacrements nouveaux ; elle ne vient pas changer les moyens de salut établis par son Fils : ici, comme ailleurs, il faut confesser ses péchés.

Tous ses efforts vont donc concourir à rendre facile ce travail du la pénitence. Par l’éclat des prodiges, elle attire les coupables ; elle les instruit par ses avertissements, les attendrit par les grâces dont ses mains sont pleines et les séduit par d’incomparables bontés.

Cependant, il y a dans la vie secrète de l’homme des turpitudes dont il rougit jusque devant son ombre, cl qu’il n’a pas la force d’avouer, même au prêtre qui peut les effacer et doit les oublier. Eh bien, celte inertie terrible, Marie a donné à la frêle créature dont elle a fait son instrument le pouvoir de la briser, en lui communiquant simplement le don de lire dans les plus secrets replis du cœur à première vue, et, en même temps, une si grande douceur qu’on n’a pas même le temps d’en rougir en s’entendant accuser par elle.

Le coup était extraordinaire: aussitôt que le coupable avait entendu articuler son fatal secret par une voix modeste et pure, sa honte prenait immédiatement un autre cours ; ne pouvant plus rester sous l’œil qui le devine et le pénètre, il-parlait, mais pour aller se jeter aux pieds d’un prêtre et effacer par l’aveu ce qu’il n’avait pu dissimuler par le silence.

On conçoit qu’en usant ainsi de sa seconde vue, au milieu d’une foule sans cesse renouvelée de chrétiens dont plusieurs sont avides d’expérimenter sur eux-mêmes cette divination étrange, l’ignorante Bergère dut ramener plus d’âmes à Dieu que les plus éloquents prédicateurs pendant toutes leurs missions.

Les uns étaient pris à la curiosité : « Voyons, puisque vous, « savez si bien ce qu’on a fait, faites-nous connaître ce que nous sommes, » lui disaient-ils en l’abordant, et, frappés de sa réponse, ils rentraient immédiatement en eux-mêmes. D’autres, qui savaient à quoi s’en tenir sur sa clairvoyance, allaient modestement, après s’être confessés, lui demander s’ils n’avaient rien oublié. D’autres encore avaient peur de la rencontrer ; mais elle savait les joindre, les adoucir, et poser la main sur leurs plaies sans irriter le mal.

Du reste, tous ses efforts, comme ceux de sa divine Maîtresse, devaient tendre au grand but : ramener les pêcheurs. Après avoir facilité à ceux-ci
l’aveu de leurs fautes secrètes, il fallait souvent leur inspirer la volonté, quelquefois leur donner la force de rompre avec de vieilles habitudes et de commencer une vie nouvelle. C’était le plus difficile, et pour on venir à bout, les dons gratuits ne suffisaient plus. Elle dut exhorter, prier, expier. Elle dut, comme Jésus-Christ, s’offrir pour eux en holocauste, et donner de l’exubérance de sa vie sainte, pour que cette forte sève fût transvasée dans leurs âmes ébranlées, mais flétries.

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