La Foi de Marie Immaculée


Il est une âme dans laquelle la divine lumière de grâce a brillé d’un éclat exceptionnellement vif : c’est celle de la Vierge dont Dieu a voulu faire sa mère. La grâce et le rayon de grâce a envahi son âme des le premier instant de sa conception ; là, pas une ombre, pas même une menace.

Elle a compris et vécu cela merveilleusement. Dans les choses qui l’entouraient, dans les mouvements qui animaient ces choses, dans les événements de sa vie ou de la vie en général, elle voyait Dieu, la main de Dieu. L’action de Dieu, et elle bénissait. Elle vivait ces pages de l’Ecriture ou l’Esprit-Saint a traduit ces dispositions : « Œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur… » Les Psaumes, le Benedictus ?, toute l’Ecriture prenaient en elle une plénitude de sens et de mouvement.

Quand son petit corps se forma au sein d’Anne, par un privilège unique mais absolument sûr, elle possède la Lumière, elle vit en face de Dieu qui est en elle, se donne à elle, lui communique sa vie. Et, quand elle est née, cette Lumière non seulement se maintient, mais grandit, se développe sans cesse en des proportions que l’esprit humain doit renoncer à mesurer.

La pensée de Dieu remplit sa pensée, le souvenir de la divine présence, de l’action de Dieu en tout et partout la poursuit sans cesse… elle voit en Dieu Celui qui est tout et elle ne veut s’occuper de rien en dehors de Lui.

La vie de l’Immaculée : vie de foi ardente et intrépide

Toute sa vie s’est déroulée dans cette clarté. Appelée à devenir la mère de Dieu, au moment de donner naissance (au Christ), elle doit quitter sa maison, son pays, faire un long parcours, trois journées de marche.

En arrivant à Bethléem, encombrée d’étrangers, elle ne trouve pas d’abri pour le Dieu qu’elle apporte au monde. Elle en souffre… La longue marche fatigue son corps, le refus de l’abriter meurtrit son cœur… mais la divine Lumière brille en son âme, elle voit la volonté divine qui permet cela, elle l’adore, elle se soumet, et sa soumission l’unit à Celui qui pour elle est tout.

La même Lumière la suit en exil, l’accompagne sur les routes d’Égypte, la soutient durant les années qu’il lui faut vivre en pays étranger, tient son âme dans la paix supérieure.

Quand Jesus a douze ans, elle le perd pendant trois jours ; Celui qui est son trésor doublement, le trésor de sa vie naturelle et de sa vie surnaturelle, son Fils et son Dieu, disparait a ses yeux, la laisse seule… et quand elle le retrouve, au lieu de la consoler, Il lui rappelle qu’Il est à son Père du ciel, qu’Il est venu pour procurer sa gloire, que cette disparition de trois jours n’est qu’une annonce, une préparation : un jour il devra quitter sa mère définitivement, se livrer tout entier aux intérêts de cette gloire… Et la Vierge emporte et conserve en son cœur ces paroles. Son cœur est brisé, mais la même Lumière brille sur cette blessure, console son cœur brisé : elle voit Dieu et son divin vouloir, elle l’adore, elle s’y livre.

La Foi au Calvaire

Elle le voit, elle l’adore, elle l’aime au Calvaire, en face du martyre suprême, en face du corps torturé de son Fils. Les ténèbres couvrent la terre, les assistants sont effrayés, tous tremblent, sont envahis par l’inquiétude et la terreur. Marie demeure calme, son âme est de plus en plus inondée de clarté :

Plus tout apparait sombre aux yeux de la sensibilité et de la raison et plus la Lumière divine l’illumine, apparait éclatante au regard de la foi.

Toute la Foi de l’Eglise naissante est résumée, rassemblée, condensée en ce Cœur Immaculé.

Voilà ce que l’Ange voit quand il la salue : « Pleine de grâce » ; voilà ce qu’il loue en elle. Voilà ce que nous devons voir et louer quand nous répétons si souvent chaque jour : « Je vous salue, Marie, pleine de grâce. »

Nous vivons de cette plénitude ; le trésor sans prix de notre grâce, les lumières sur Dieu et le ciel qui éclairent nos esprits, soutiennent nos volontés nous arrivent par elle ; elle est la mère de nos âmes, elle est notre mère.

Ce que Marie a dû croire

En contemplant de la foi de Marie, notre modèle dans la pratique de cette vertu, qui nous élèvera à un degré héroïque de foi.

Sa vie a été d’un bout à l’autre une vie de foi. Elle a dû croire au milieu des obscurités et des contradictions presque constantes. Elle doit croire qu’elle sera la mère du Messie. Chose incomparablement plus ardue : elle doit croire qu’elle le sera tout en restant vierge ; et, mystère absolument renversant : elle doit croire que son Enfant sera le Fils même de Dieu.

Elle doit croire des choses contradictoires : que son Fils sera assis sur le trône de David alors que, dans la cité même de David, on refuse de le recevoir, qu’il est obligé de fuir nuitamment devant l’usurpateur de son trône, qu’il passe trente ans de sa vie dans l’obscurité, que, à peine s’est-il montré en public, les prêtres, les pharisiens et les scribes, tout ce qu’il y a de plus vénérable et de plus puissant dans la nation, se ligue pour le perdre ; elle doit croire qu’il régnera à jamais alors qu’il meurt sur une croix d’ignominie ; elle doit croire que désormais il attirera tout à lui alors que ses adhérents, si enthousiastes jadis, se sont détachés de lui, que ses apôtres même l’ont abandonné et ont perdu confiance.

Cependant Marie garde une foi inaltérable. Ce n’est pas en vain que le
Saint-Esprit l’a proclamée bienheureuse d’avoir cru, car les prédictions qui lui ont été faites ont été accomplies.

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