TRANSFORMÉ EN L’IMMACULÉE

A partir des écrits du Père Maximilien Kolbe, nous avons apprenons ce qu’il désirait ardemment nous voir accomplir. Pour plus de facilité nous vous le proposons sous forme d’entretien.

Pourquoi recourir à l’Immaculée plus spécialement ?

« En ce qui concerne la conversion des âmes, il n’y a que par Marie et pas autrement que nous pouvons y parvenir. Dieu, dans sa bonté infinie, a constitué la Mère très sainte trésorière de toutes les grâces, et c’est seulement par elle qu’elles se déversent sur le monde. Il est normal de demander ces grâces à Dieu, cependant il faut le faire par l’intermédiaire de l’Immaculée. » (Conf 30. V. 1933)

En quoi consiste cette “consécration totale” à elle ?

« Nous voudrions appartenir tellement à l’Immaculée, qu’il ne reste rien en nous qui ne lui appartienne, afin que nous soyons comme anéantis en elle, que nous soyons changés en elle, que nous soyons “transsubstantiés” en elle, qu’il ne reste plus qu’elle… Que nous soyons à elle, comme elle est à Dieu. » (Lettre 12. IV.1933)

Cet acte de totale consécration suffit-il ?

« L’amour de l’Immaculée ne consiste pas seulement dans un acte de consécration récité même avec grande ferveur, mais dans le fait de beaucoup souffrir de privations et de travailler pour elle sans arrêt. » (Lettre 10. II.1937)

Cette consécration diffère-t-elle du “saint esclavage” ?

« Toute consécration à Marie, même celle de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, participe de l’esprit de la M.I. Si quelqu’un veut chercher quelque différence, il doit approfondir les expressions “comme votre bien et votre propriété”. On peut encore dire que l’esclave (expression de Grignion) a quelque droit personnel, mais on ne peut pas le dire de “bien” de “propriété”.

Et si on peut trouver d’autres expressions qui vont davantage dans le sens du sacrifice de soi et de l’oblation, de telles expressions seront encore plus conformes à l’esprit de la M.I. Car les expressions serviteur, fils, esclave, bien, propriété, sont belles ; mais nous voudrions quelque chose de plus, nous voudrions être à elle (l’Immaculée) sans aucune limitation alors, en incluant toutes ces expressives dénominations et d’autres qu’on pourra encore trouver, un mot les unifie toutes : Etre-à-l’Immaculée. » (Lettre 12. IV. 1933)

Cette consécration est-elle vraiment indispensable ?

« Dans la M.I., il convient de bien distinguer deux choses l’essence et les choses accidentelles. A l’essence n’appartient pas telle ou telle forme d’organisation, mais la consécration de soi-même à l’Immaculée, consécration inconditionnelle et illimitée ; l’amour de l’Immaculée, jusqu’au rayonnement extérieur de soi, à tel point que les âmes qui nous entourent soient embrasées par ce feu. » (Lettre 13. XII. 1938)


Comment Marie Elle-même est-elle transformée en Dieu?

Non seulement le Coeur admirable de la Mère de Jésus porte en soi une parfaite ressemblance de l’Amour, de l’Unité, de la Simplicité, de l’Infinité, de l’Immensité, de l’Immutabilité, de l’Éternité, de la Plénitude, de la Puissance, de la Sagesse, de la Vérité et Fidélité, de la Bonté, de la Providence, de la Miséricorde, de la Mansuétude, de la Patience, de la Clémence, de la Justice, du Zèle, de la Vigilance, de la Souveraineté, de la Vie, de la Paix, de la Gloire et de la Félicité de Dieu, et des trois Personnes éternelles de la très sainte Trinité; mais encore ce Coeur virginal est tout abîmé, tout absorbé, et tout transformé en Dieu et en ses divines Perfections.

Je sais bien que tous les Saints qui sont au ciel sont aussi transformés en Dieu, c’est-à-dire revêtus et pénétrées de ses divines perfections, comme le fer qui est dans la fournaise est revêtu et pénétré des qualités du feu.

Le Cœur Immaculé absorbé en Dieu

Mais la Reine des Saints, et tout ce qui est en elle, spécialement la plus noble partie d’elle-même, c’est-à-dire son Coeur, est toute déifiée et transformée en Dieu, et en un si haut point que l’Église lui attribue des noms et des qualités qui n’appartiennent qu’à Dieu, ce qu’elle ne fait à aucun de tous les Saints. Car elle l’appelle notre vie, notre douceur et notre espérance: Vita, dulcedo, et spes nostra. Et le Saint-Esprit la faisant parler par la bouche de l’Église, dans les messes de la Nativité et du Commun de la Vierge, lui faire dire d’elle ce que la
Sapience éternelle peut dire de soi-même, selon le sens littéral de ces paroles:

« Le Seigneur me possède dès le commencement de ses voies, avant qu’il fit aucune chose. J’ai été ordonnée de toute éternité, auparavant que la terre fût faite. J’ai été créée dès le commencement et avant tous les siècles. »

Ecclésiastique, 24, 14

De là vient que saint Denys l’Aréopagite, dans l’épître qu’il écrit à saint Paul, assure que, quand il eut le bonheur, par l’entremise de saint Jean l’Évangéliste, de voir cette divine Vierge, il la vit revêtue d’une gloire si éclatante, remplie d’une majesté si auguste, et ornée de tant de perfections, que, si la foi ne lui avait enseigné qu’il n’y a qu’un Dieu, il l’aurait adorée comme une divinité. C’est pourquoi saint André de Candie assure que c’est un abrégé des incompréhensibles perfections de Dieu:

Saint Augustin, ou plutôt saint Fulbert évêque de Chartres, et saint Ildéfonse, l’appellent Formam Dei, et et saint Denys, Deiformem, pour signifier sa parfaite transformation en la Divinité.
Cela étant ainsi, cette Reine du ciel étant toute transformée en Dieu, et son Coeur royal étant tout divinisé, peut-on jamais lui rendre assez d’honneur et de vénération ?

Peut-on assez écrire et parler des merveilles qu’il contient en soi ?Peut-on trop publier ses excellences? Peut-
on trop animer les coeurs des fidèles à louer, honorer et aimer ce Coeur incomparable ? Oh ! que tous les coeurs l’aiment et le révèrent; que tous les esprits le louent et le glorifient; que toutes les plumes soient employées à écrire les choses grandes et merveilleuses que Dieu a opérées dans cet abîme de merveilles; et que toutes les langues en bénissent à jamais sa divine Majesté.

Admirable Coeur de Marie par Saint Jean Eudes p 53-54 vol 7

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